Nous sommes tous équipés d’un pilote automatique très utile au quotidien. Mais s’il prend les commandes au mauvais moment, gare au crash… ! Illustration :

Courtrai, Belgique, 4 juillet 1989. Un MiG-23, un avion de chasse soviétique, s’écrase sur une maison. On compte une victime, son occupant, Yves Delaere, 19 ans. Le pilote s’est éjecté… 900 kilomètres plus tôt !

Que s’est-il passé ?

Le MiG-23 a subi une avarie durant son décollage de la base de Kolobrzeg, en Pologne. Durant sa montée, son moteur s’est arrêté, forçant le pilote, le colonel Skouridine, à s’éjecter après avoir donné un coup de palonnier en direction de la mer Baltique, pour que l’avion s’y écrase. Mais contre toute attente, le moteur repart. Le système de récupération automatique de décrochage s’active. L’appareil se redresse. Le pilote automatique prend les commandes et entame son périple en ligne droite : cap vers l’ouest.

Alors qu’il survole l’Allemagne de l’Ouest, sa route croise celle d’une patrouille de chasseurs américains F-15 Eagle, qui signale l’absence de pilote dans l’avion. Mais la zone survolée est densément peuplée : interdiction de l’abattre. Il finira par se crasher, faute de carburant, sur la maison des Delaere.

Et nous, que risque-t-il de nous arriver si notre pilote automatique prend intempestivement les commandes ?

 

Nous avons tous un pilote automatique

Nous sommes tous équipés d’un pilote automatique utilisé par notre cerveau pour économiser l’énergie. Pas besoin de réfléchir pour aller chercher les enfants à l’école par le chemin habituel, utiliser un Smartphone, se shampooiner les cheveux… Ou passer d’une langue à l’autre, pour les polyglottes. Ces actions sont gérées par notre « pilote automatique » qui prend en charge toutes les situations connues et routinières.

Il est aussi fiable pour nous aider à assurer le quotidien que le pilote automatique d’un avion est fiable pour effectuer seul les manœuvres courantes. En outre, son temps de réaction est très rapide et il consomme peu d’énergie.

  • Rapide parce qu’il se contente de consulter notre « bibliothèque d’expériences ». Tout ce que nous avons vécu y est mémorisé, stocké comme dans le disque dur d’un ordinateur : les situations vécues, les expériences positives et négatives, les croyances, émotions et habitudes.
  • Peu énergivore parce qu’il s’appuie sur les territoires néolimbiques du cerveau, économes en énergie si on les compare aux zones cérébrales responsables des nouveaux apprentissages.

 

Au cœur du réacteur

S’il trouve, dans la bibliothèque, une expérience similaire à la situation présente, le pilote automatique déclenche une réaction tout aussi automatique. Elle dépend de la trace émotionnelle qu’a laissée l’événement dans notre système.

  • Si la trace est positive, parce qu’elle concerne un plaisir ressenti ou la satisfaction d’un besoin, nous reproduisons la stratégie qui a fonctionné, à l’époque.
  • Si la trace et négative, parce qu’elle concerne une émotion négative, une douleur ou la non satisfaction d’un besoin, nous reproduisons une stratégie qui a déjà fait ses preuves pour éviter la douleur. Ce peut-être l’évitement, l’abstention, le déni, le refoulement, l’attente, etc.

La plupart de ces réactions sont inconscientes, automatiques. Nous ne les remettons pas en question parce que « nous avons toujours fait comme ça »… Notre pilote automatique, c’est notre manière de penser la plus habituelle. Il gère la plus grande part de notre quotidien. Et c’est tant mieux : imaginez qu’il faille tout réapprendre chaque jour ! Ce serait l’enfer, non ?

 

Les limites du système

Mais, parfois, le pilote automatique touche aux limites de son efficacité. Parfois, on fait comme d’habitude alors qu’il faudrait faire différemment car certains automatismes ne nous conviennent plus. Parfois, on réagit automatiquement alors qu’on sait qu’on devrait réagir autrement. Parfois, on va au clash avec d’autres personnes. Parfois, on se crashe : on n’en peut plus. On n’a plus d’énergie pour continuer… Comme un MiG-23, un jour d’été.

 


3 conseils pour éviter le crash

La prise de conscience

Quand la situation ne se déroule pas comme prévu, que ce que nous faisons ne « fonctionne pas », que nous n’obtenons pas le résultat voulu, certains mots, certaines phrases indiquent que notre pilote automatique est aux commandes. Quand on se dit, par exemple : « J’ai toujours fait comme ça, et je n’ai jamais eu de problème » ; « Je suis comme je suis, on ne me changera pas » ; « C’est (forcément) de ta faute si ça ne marche pas »… Il est temps de se poser les bonnes questions : ne suis-je pas dans le rouge, là ?

Réagir aux signaux d’alarme

Votre organisme vous envoie des signaux d’alarme quand votre pilote automatique est dans le rouge ou qu’il prend les commandes intempestivement. Des signaux de stress (qui, vous le savez désormais, est interne). Aussi, quand vous passez en mode Fight (énervement, colère), Flight (anxiété, envie de fuir) ou Freeze (découragement, envie de rien) alors que votre survie n’est pas menacée…  reprenez les commandes.

Reprendre les commandes

Ne laissez pas votre pilote automatique vos crasher ! Prenez du recul en vous posant une question simple : « Qu’est-ce qui se passe pour moi maintenant ? ». L’idée consiste à identifier ce qui pose une difficulté chez votre pilote automatique, puis d’en tenir compte pour sortir du stress. Nous y reviendrons dans les prochaines semaines.

 

Comment fonctionne votre pilote automatique ? Vous a-t-il déjà conduit aux limites du crash ? Mes conseils vous ont-ils aidés ?

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